Le manque de sommeil affecte-t-il notre flore intestinale ?

flore intestinale et sommeil

Notre sommeil impacterait notre probiote intestinal

De nouvelles recherches publiées ce mois-ci établissent un lien entre le manque de sommeil et les modifications des bactéries intestinales qui pourraient affecter notre métabolisme général et avoir un impact négatif sur différents systèmes de l’organisme, comme le système immunitaire.

L’étude1, menée à l’université d’Uppsala en Suède, a suivi 9 volontaires en bonne santé, qui ont tous déclaré avoir eu un bon niveau de sommeil et des repas réguliers au cours de la semaine précédant l’étude. Ces contrôles étaient importants car ils ont permis d’éliminer des variables qui auraient pu fausser les résultats de l’étude.

Les participants ont été invités à passer quatre nuits dans un établissement de sommeil et à faire surveiller leur sommeil. Pendant les deux premières nuits à la clinique, ils ont été autorisés à dormir pendant huit heures et demie, mais les nuits trois et quatre, leur sommeil a été limité à quatre heures et demie seulement.

Les données recueillies dans le cadre de l’étude ont montré que le fait de ne pas dormir suffisamment pendant deux nuits seulement a eu un effet significatif sur la flore intestinale des participants. Les types de bactéries présentes dans l’intestin n’ont pas nécessairement changé, mais les niveaux de chaque type de bactéries ont changé de manière spectaculaire, certains microbes ayant vu leur nombre diminuer de près de 50 %.

On a également constaté que les participants étaient 20 % moins réceptifs à l’insuline après deux nuits de privation de sommeil, et il est intéressant de noter que leur flore intestinale reflétait alors celle des sujets observés précédemment qui étaient soit cliniquement obèses, soit souffraient de troubles métaboliques. Le manque de sommeil a longtemps été lié à l’obésité, mais on n’a jamais vraiment compris le lien exact entre les deux, si ce n’est qu’un sommeil perturbé semble réduire la sensibilité de nos cellules à l’insuline. Cela représente une charge énorme pour l’organisme, car il faut de plus en plus d’insuline pour réguler le taux de glucose dans le sang, ce qui peut conduire à terme au développement du diabète de type 2 ou de l’obésité.

Les résultats de cette étude sont intéressants et méritent d’être approfondis, car nous avons pu constater que les modifications du microbiote dues à de mauvaises habitudes de sommeil sont au moins partiellement responsables de l’insensibilité à l’insuline et d’autres troubles métaboliques liés au manque de sommeil. Des essais cliniques de plus grande envergure devront être menés pour reproduire ces résultats initiaux à une échelle beaucoup plus grande. Cependant, si vous êtes comme moi et que vous aimez votre oreiller, vous n’aurez pas besoin de plus de persuasion pour vous assurer que vous avez assez de “z” chaque nuit.

Notre flore intestinale impacte également notre sommeil

Une deuxième étude 2, réalisée par une équipe internationale de chercheurs du Royaume-Uni et d’Espagne, a trouvé des preuves solides, suggérant que le contraire est également vrai. Non seulement notre sommeil affecte notre microbiote, mais notre microbiote affecte aussi notre sommeil.

L’équipe a découvert que les microbes vivant dans notre intestin produisent des molécules qui activent une protéine (appelée TLR2) dans les intestins. Cette protéine est essentielle au transport de la sérotonine, un neurotransmetteur qui aide à réguler de nombreuses fonctions du corps, notamment le sommeil, l’humeur et l’appétit. Il semble que la présence de mauvais types de microbes dans l’intestin peut entraîner un “désordre” dans le transport de la sérotonine, et donc des changements dans les niveaux globaux de sérotonine dans l’intestin. De faibles taux de sérotonine ont été associés à de nombreux troubles, notamment des troubles de l’humeur, des troubles du sommeil et de l’obésité.

J’ai déjà blogué sur la nouvelle science des “psychobiotiques” qui étudie les liens entre notre microbiome et nos émotions. Dans ce billet, j’ai mentionné que les microbes intestinaux peuvent augmenter les niveaux de GABA, un neurotransmetteur calmant qui peut aider dans les troubles de l’anxiété. Cette nouvelle recherche sur l’impact de notre flore intestinale sur notre sommeil ajoute la sérotonine à la longue liste des marqueurs physiologiques qui peuvent être affectés positivement ou négativement par nos “résidents” microbiens.

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